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Alexandre Castaing | 13 Septembre 2017

Apple redéfinit les standards de la réalité augmentée

Mardi 12 septembre, Apple présentait son nouvel iPhone. Depuis quelques années, la fascination pour les nouveautés est moindre. Cela est dû au fait que la dernière rupture technologique est loin derrière. Le feu incandescent du nouveau jouet incroyable s’est un peu étouffé, et les constructeurs se tiennent au coude-à-coude.

 

Néanmoins, pour le dixième anniversaire du smartphone pommé, Tim Cook se devait de marquer les esprits. Il ne faut pas chercher aujourd’hui dans la finesse de l’appareil, ni la taille de l’écran. La bombe à retardement se cache dans la partie invisible de l’appareil. Il s’agit d’ARKit, le module spécialement développé par Apple, pour placer la réalité augmentée à un stade technologique bien supérieur, intimement lié avec les capacités techniques du téléphone.

 

Le remplaçant de Steve Jobs avait prévenu. Il voit dans la réalité augmentée un avenir potentiellement énorme. Les applications jusqu’ici développées par les éditeurs tiers font office de bricolage à côté de l’ambition initiée par la marque. La double optique du téléphone se positionne à l’horizontale comme nos deux yeux. Associée à la puce A11 Bionic, un gyroscope ultra-précis – passons le jargon technique - va permettre de poser les nouveaux standards de cette couche de virtualité dans notre monde bien réel.

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Quel impact dans un futur proche ?

 

Hormis les fonctionnalités associées par Apple dans son nouvel appareil photo maison, il est probable que la prochaine killer app, que le monde entier aura sur son téléphone, soit déjà en développement. Il est impossible d’identifier encore le vainqueur. Mais tel Facebook, il viendra ce jour où tout le monde aura la même application référente en poche. Les smartphones sont partout, la RA sera alors partout. Une fois ce seuil franchi, pourront alors commencer les festivités. L’expérience un peu bancale sur mobile, avant laquelle il fallait télécharger une énième application qui ne servirait qu’une seule fois, sera remplacée par un geste simple, commun, universel. Tout le monde aura accès à une nouvelle dimension, superposée à notre bon vieux cher monde. De la même manière que tout le monde aujourd’hui utilise Whatsapp ou Google Maps.

 

L’histoire devient alors intéressante : une fois le support et la technologie standardisés, les musées, les restaurants, les boutiques, les lieux publics, les accueils d’entreprises, les produits, se doteront en masse de leur partie virtuelle et augmentée. Vous aviez une page Facebook ? Il vous faudra aussi une couche digitale savamment apposée à votre présence réelle.

 

Le travail pour les marques, leurs agences, les producteurs de contenu est gigantesque. Les écoles se doteront de leurs programmes en réalité augmentée. Il deviendra tout à fait normal pour les élèves en biologie d’observer un tyrannosaure évoluant dans la cour de récréation. S’il faut construire une couche supplémentaire à notre monde, nous nous engageons alors dans les travaux d’Hercule.

 

Les Google Glass furent trop précoces. Par contre, si le grand public s’habitue à observer du contenu à travers son écran en RA, il est probable que l’envie de porter un accessoire en permanence pointera tôt ou tard.

 

Que feront les marques ? Dans le TGV, dans une salle d’attente à la banque, au guichet d’une chaîne de fastfood, dans une cabine d’essayage, le contenu additionnel se déversera à foison, et des gens du marketing, designers d’expérience d’un nouveau genre verront le jour.

 

Il est fort probable que pour quantifier et dépolluer l’espace, les emplacements disponibles seront à vendre (par JC Decaux ?) et les marques pourront imaginer des mises en scène grandioses au milieu d’un cinéma, sur un abri bus, dans un parc, sans déranger le moindre brin d’herbe. Evidemment, des milliers de canaux alternatifs existeront comme autant de couches virtuelles, mais le canal « number one » (la killer App) sera comme le prime time convoité. Certaines marques imagineront des opérations grandioses. Peut-être que les Galeries Lafayette décoreront virtuellement tout le centre de Paris pendant les fêtes de Noël.

Apple redéfinit les standards de la réalité augmentée
Apple redéfinit les standards de la réalité augmentée

Une bascule de l’écran PC vers la réalité augmentée, dont le smartphone est le pivot.

 

Les modes de consommation des « internautes » auront une influence sur la portée des différents canaux. Le mobile est aujourd’hui central et continue de grignoter des parts d’audience au desktop. L’expérience utilisateur est pourtant aujourd’hui bien meilleure sur un grand écran, surtout lorsque le contenu est à forte valeur ajoutée immersive. Nous pourrons observer à l’avenir, si la croissance technologique suit son cours, une explosion de la qualité de la réalité augmentée. Grâce à cela, les expériences craftées sur écran de bureau le deviendront sur ce nouveau support virtuel. Les agences qui sauront imaginer la transition seront celles qui pourront tirer leur épingle du jeu.

 

La seule certitude est que la créativité digitale n’a pas fini de prendre du galon. Les prochaines années vont donner un nouveau souffle aux grandes idées et aux belles réalisations. Nous serons là !

 

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